Le syndrome du milieuTemps de lecture estimé à 8 minutes

Lorsque j’ai lancé le sondage sur les réseaux pour vous demander ce que vous trouviez le plus difficile entre commencer et terminer son roman, vous avez été nombreux et nombreuses à m’expliquer que commencer ou finir ne vous posait pas vraiment de problème, que le plus problématique était de passer le milieu et de garder la motivation pendant la rédaction.

Toutefois, avant de rentrer dans le vif du sujet, je voulais vous parler de quelque chose.

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous l’avez sûrement vu passer : il s’agit du questionnaire que j’ai mis en place pour recueillir vos avis à propos des formations d’écriture.

En effet, je reçois souvent des demandes pour des accompagnements personnalisés d’écriture ou de réécriture de roman. Malheureusement, ces demandes restent souvent sans suite tout simplement parce qu’elles coûtent très cher.

C’est pourquoi j’aimerais vous offrir une alternative par le biais de formations qui seraient plus accessibles financièrement.

Mais, pour réussir à vous proposer des solutions au plus proches de vos besoins et envies, j’ai besoin de vous. Afin de recueillir vos avis, j’ai créé un questionnaire qui ne vous prendra que quelques minutes à compléter :

Je donne mon avis

Merci à celles et ceux qui l’ont déjà rempli et merci d’avance à celles et ceux qui prendront le temps d’y répondre ! 😊

Passons à présent au vif du sujet : le syndrome du milieu !

Concrètement, qu’est-ce que le syndrome du milieu ?

Le syndrome du milieu correspond au blocage que l’on peut éprouver lorsque l’on arrive vers la moitié de notre roman.

Ce moment de l’intrigue est souvent un moment critique, et ce, pour deux raisons.

1) L’effet de nouveauté disparaît

Lorsque l’on se lance dans l’écriture d’un nouveau projet, on est exalté-e, passionné-e, on déborde d’idées, bref !, on est motivé-e. Une fois arrivé-e vers le milieu, on commence à s’essouffler. L’exaltation du début s’est estompée et on voit qu’il y a encore « tout ça » à écrire !
On compare souvent l’écriture d’un roman à l’ascension d’une côte. Le milieu correspond au moment où on arrive vers le sommet de la côte : on est essoufflé-e, fatigué-e, assoiffé-e.


À lire aussi : Comment commencer son roman


2) L’entre-deux

La seconde raison est structurelle. La plupart du temps, le milieu d’un roman correspond à un moment charnière de l’intrigue, une sorte de démarcation plus ou moins nette entre le début et la fin (c’est la fin du début et le début de la fin). Un moment où le héros a eu une révélation, où l’héroïne prend une décision décisive, etc.
C’est également souvent un passage qui peut être plat parce que transitionnel (les anglo-saxons parlent du sagging middle syndrome, du syndrome de l’effondrement du milieu), une sorte de creux de la vague, un entre-deux qui n’est pas très exaltant à écrire (et qui ne le sera pas non plus à lire si on ne s’applique pas).

Malheureusement, le milieu du roman est souvent un moment marqué par l’abandon de l’écriture. Comme c’est un passage qui n’est pas très palpitant, nombre d’auteurs et d’autrices mettent leur roman en pause « en attendant » un retour de motivation pour, finalement, ne plus y revenir car happé-e-s par une nouvelle idée qui semble plus séduisante. Et c’est ainsi que des milliers de romans inachevés terminent dans des tiroirs.

Mais, rassurez-vous ! Il existe des solutions pour surmonter ce syndrome du milieu !



Du coup, comment y remédier ?

Tout d’abord, j’aimerais vous rassurer en vous disant que tous les auteurs et autrices, ou presque, souffrent de cette baisse de régime, moi y compris.

Voici quelques pistes pour surmonter ce syndrome du milieu :

1) Vous n’êtes pas nul-le !

Beaucoup d’écrivain-e-s se fustigent et se dénigrent à cause de ce blocage, alors qu’il n’y a strictement aucune raison. J’ai souvent croisé la réflexion — qu’il ne faut absolument pas se faire : « Les autres y arrivent et pas moi ! Je suis nul-le ! ».

La première chose à faire pour surmonter ce syndrome, c’est que vous compreniez que, non, vous n’êtes pas nul-le parce que vous êtes bloqué-e à la moitié de votre histoire. Ça arrive même aux meilleur-e-s, vous faites juste partie de la normalité parmi tous les écrivains et écrivaines du monde.

Surmonter le syndrome du milieu s’apprend et, au fur et à mesure que l’on acquiert de l’expérience, on développe nos propres techniques pour le surmonter plus vite et de manière plus efficace. Le tout, c’est de faire preuve de persévérance et de volonté… encore ! (Si vous avez lu L’Abécédaire de l’écrivain que je vous offre lors de l’inscription à la newsletter, vous savez de quoi je parle 😉)



2) Faites le point

Ensuite, arrivé-e au milieu du roman, accordez-vous une petite pause et regardez le chemin parcouru. N’allez pas corriger votre roman maintenant, surtout pas ! C’est le meilleur moyen de rester coincé-e là vous en êtes arrivé-e.
Félicitez-vous plutôt d’avoir déjà accompli tout ça et faites le point sur votre intrigue.

Si vous êtes du genre architecte, regardez où vous en êtes dans votre plan : Avez-vous raconté tout ce que vous vouliez raconter ? Y a-t-il eu des ajouts, des suppressions ou des modifications de passages ou de personnages ? L’intrigue va-t-elle toujours dans le sens que vous vouliez ? Etc.

Si vous êtes plutôt jardinier ou jardinière, notez les étapes traversées par votre roman, les changements subits par vos personnages. Cela vous servira de pense-bête pour la suite et vous permettra d’avoir l’esprit plus clair.

3) Regardez pour la suite

Si vous êtes jardinier ou jardinière, c’est le moment idéal pour prendre une bonne bouffée d’inspiration pour retrouver un nouvel élan et de nouvelles idées pour la suite, si vous en manquiez. Si, au contraire, vous n’en manquiez pas et que vous en avez plusieurs, c’est le moment de réfléchir à celle qui vous tente le plus.

Si vous êtes architecte, vérifiez que les motivations des personnages, les péripéties à venir, les enjeux de l’intrigue et les thèmes à aborder sont clairs dans votre esprits et correctement introduits dans la première partie. En fonction des vérifications effectuées, corrigez votre plan au besoin et/ou complétez-le si vous le précisez au fur et à mesure de l’avancée de l’intrigue.

Personnellement, c’est ce que je fais : j’ai un plan très précis jusqu’au milieu, puis le reste est surtout une succession d’idées. Une fois au milieu de mon roman ou de mon tome, je sais que beaucoup de choses auront changé et que j’aurai eu de nouvelles idées plus cohérentes et/ou plus intéressantes pour mon intrigue. Le milieu correspond donc, pour moi, au moment où je fais le point pour, ensuite, compléter mon plan. Ça me permet d’avoir des idées « fraîches » et donc un regain de motivation.

4) Parlez de votre intrigue

On parle souvent de la solitude de l’écrivain-e, mais, en vérité, la solitude est un fléau pour nous. Être entouré-e de ses semblables pour pouvoir échanger sur les problèmes propres à notre art, trouver du réconfort parmi nos collègues, qui comprennent nos problèmes, il n’y a rien de plus rassurant et stimulant.

De même, avoir quelqu’un à qui parler de nos avancées, à qui rendre des comptes et avec qui réfléchir est indispensable. Qu’il ou elle écrive aussi importe peu, le tout c’est que cette personne vous écoute, vous suggère des pistes de travail, que ce soit quelqu’un avec qui vous puissiez réfléchir tout haut.

Énoncer tout haut et pour une tierce personne nos idées nous forcent à les clarifier pour les exposer de manière intelligible. En bref, ça nous force à mettre de l’ordre dans notre tête. Et, croyez-moi, ça règle beaucoup de problèmes !

Pour ma part, j’ai la chance d’avoir un mari très impliqué dans mon écriture et je peux compter sur lui pour m’aider à débrouiller le fouillis de mes idées. Mais si vous n’avez pas la chance d’avoir un proche aussi impliqué, sachez qu’il existe des groupes Facebook, des forums et des communautés d’écrivain-e-s sur Twitter où il y aura toujours des personnes disponibles pour vous écouter et vous aider (même par messages privés) si vous le demandez gentiment 😉



5) Vous ne pouvez pas vous ennuyer

Si vous vous ennuyer, les lecteurs et lectrices s’ennuieront aussi.

Comme vu plus tôt, la démotivation en arrivant au milieu du récit peut également être due à une baisse de régime dans l’intrigue, le fameux syndrome d’effondrement.

Pour palier ce problème, plusieurs solutions s’offrent à vous :

  • Ajouter un ou des rebondissements comme quelque chose de tragique qui arriverait à votre ou vos personnages, des complications ou une crise dans son histoire qui le ferait passer un point de non-retour. Vous pourriez également ajouter une étape dans sa quête/son histoire, une tâche de plus à accomplir.
  • À l’inverse, vous pourriez aussi tout simplement, raccourcir ce passage un peu mou, cet « entre-deux », afin de retourner plus vite dans l’action.
  • Si votre narration le permet, vous pourriez raconter un rebondissement du point de vue d’un autre personnage, une avancée dans l’intrigue ou une révélation que votre personnage principal ignorerait, mais pas votre lectorat afin de susciter la curiosité.
  • En revanche, ne mettez pas en avant l’intrigue secondaire à ce moment-là. Arrivé au milieu du récit, le lectorat veut connaître la suite de l’intrigue principale le plus vite possible. Mettre en avant l’intrigue secondaire risque surtout de donner l’impression que vous noyez le poisson.

Voilà, n’hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ces quelques conseils et, surtout, s’ils vous seront utiles !

Cet article a été envoyé en avant-première aux abonné-e-s de la newsletter Conseils d’écriture.

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