3 facteurs à prendre en compte pour engager un correcteur professionnelTemps de lecture estimé à 8 minutes

Si vous êtes abonné-e-s à mon podcast, vous avez peut-être écouté l’épisode d’il y a quelques semaines à propos des corrections.
Parmi les sujets que j’aborde dans l’épisode, il y a celui du correcteur professionnel.



Or, si la question de passer par un ou une professionnelle pour corriger son texte ne se pose presque jamais, la qualité de la prestation est, quant à elle, souvent source de mécontentement.

Et pour cause !

Un correcteur professionnel est une personne qui va s’attaquer à votre texte, à votre petit bijou que vous avez sorti de vos tripes à grand peine et que vous chérissez par-dessus tout. Et ça, c’est dur à accepter. C’est pour cela qu’un correcteur professionnel se choisit avec soin.
En tant qu’autrice et correctrice (même si, pour le moment, je ne prends plus de prestations), j’aimerais vous expliquer comment choisir la personne qui va réviser votre texte.  

Si pléthore de résultats s’affichent lorsque vous faites une recherche sur Google, il ne s’agit pas de les contacter un à un en leur demandant un devis et en choisissant le moins cher. Il y a trois facteurs à prendre en compte lorsque l’on veut engager un-e professionnel-le de la correction.

1. La qualification

On ne s’improvise pas correcteur. La correction est un vrai métier.
Pour être correcteur, il ne suffit pas d’être bon en orthographe. Pour être correcteur ou correctrice, il faut avoir une connaissance aiguisée des règles de grammaire afin de pouvoir analyser avec efficacité et rapidité les phrases qui s’enchaînent et comprendre en un clin d’œil les enjeux syntaxiques du texte.

Mais, outre les connaissances techniques, il faut aussi une certaine dose d’adaptabilité. Un ou une correctrice doit commencer par s’adapter au style du client ou de la cliente. C’est souvent à cause de ce point-ci que les prof. de français font de piètres correcteurs : ils ont été formés à n’enseigner qu’une seule norme élémentaire alors que les subtilités de notre langue vont bien au-delà de ce que l’on apprend à l’école. — Et inversement, les correcteurs sont de très mauvais professeurs de français puisqu’ils n’ont pas les compétences pour transmettre les normes et les bases. Chacun son métier 😉

Un dernier point auquel faire attention : la spécialité du correcteur. Tous les correcteurs ne corrigent pas des romans et tous les correcteurs ne corrigent pas tous les genres. Certains ont même des spécialités et acceptent rarement des romans qui ne font pas partie de leur(s) genre(s) de prédilection.

J’ai déjà croisé un auteur qui se plaignait de la correction de son roman de science-fiction. En effet, il s’était adressé à une correctrice spécialisée dans les mémoires et thèses qui prenait des romans de temps en temps pour se changer les idées, mais qui n’appréciait pas du tout la science-fiction. La correctrice avait eu du mal à saisir les enjeux du roman et n’avait pas compris l’univers. La plupart de ses corrections et de ses remarques étaient hors sujet.

Si vous souhaitez des révisions de fond alors que vous écrivez une série, pensez à faire corriger l’ensemble de vos tomes par la même personne. La compréhension de l’intrigue et des subtilités de l’histoire peut être mise en péril si le ou la correctrice n’a pas lu les tomes précédents. Si ce n’est pas possible, faites un récapitulatif des points importants de l’histoire du ou des tomes précédents, ainsi que de l’univers pour que la correctrice ne soit pas perdue.

2. Le prix

Je ne dirai pas que plus le prix est bas plus le service est mauvais. Ce n’est pas vrai. Un-e junior peut appliquer des tarifs bas, mais faire de l’excellent travail.

Le prix ne va pas vous indiquer la qualité de la prestation, mais l’investissement personnel du correcteur. Une correction prend du temps et plus la correction est personnalisée, plus cela demande d’échanges entre le correcteur et l’auteur ou l’autrice et, donc, plus cela coûte cher.

Certains correcteurs ou correctrices qui demandent des prix “bas” vont recevoir votre texte, le corriger et vous le renvoyer avec la facture. Sans plus. Si vous avez des questions, soit il ou elle ne vous répondra pas (ou succinctement), soit vous facturera une séance de questions-réponses en plus de la correction.
D’autres qui appliquent des tarifs plus “élevés” vous bichonneront, en répondant à toutes vos questions et en calmant toutes vos inquiétudes.

Aucune de ces deux manières de faire n’est meilleure que l’autre. Ce sont juste deux façons différentes de travailler. À vous de voir ce que vous voulez.

De même, vous pourriez avoir envie d’une correction avec des propositions de réécriture et pas seulement une vérification orthographique. Une correction peut se faire sur plusieurs niveaux :

  • les corrections que j’appelle élémentaires : on ne s’attaque qu’à l’orthographe, la conjugaison, la ponctuation, la typographie, la grammaire et aux impropriétés, sans s’occuper des erreurs de style comme des figures de style mal employées, les phrases trop longues, les adverbes et participes présents trop fréquents, les répétitions…
  • les corrections approfondies : une correction élémentaire + correction de style.
  • les corrections complètes : la totale sur la forme, mais aussi le fond.

Évidemment, chaque niveau de correction a son prix et plus il y a de choses à corriger, plus cela fait monter le prix.
Prenez aussi en compte le fait qu’à partir d’un certain niveau, il ne s’agit plus d’une correction, mais d’un accompagnement à la réécriture. Et ça, ce n’est ni le même service ni le même tarif !

3. Le feeling

J’aimerais rappeler qu’un ou une correctrice est un être humain qui a sa propre sensibilité.
C’est un point important à prendre en compte. La correction d’un texte n’est pas quelque chose qui se fait en mode automatique. Les correcteurs professionnels ne sont pas des machines, encore moins des machines dont la vision s’accorde d’office à la vôtre. En outre, il n’existe pas de correction standard. Chaque correction doit être personnalisée en fonction du texte et de l’auteur. Il se peut que certaines réflexions ne concordent pas à votre vision de votre roman, que certaines corrections ne soient pas en accord avec votre style, etc. Cela ne fait pas du correcteur un mauvais professionnel, c’est juste que ce n’est pas “votre” correcteur.

Pour améliorer un texte, il faut que le courant passe entre les deux parties. Si la prestation ressemble davantage à une foire d’empoigne (pour les deux parties) qu’à une réelle collaboration, c’est que ce n’est pas la bonne personne pour votre roman. 

Les questions à poser avant de signer

Pour conclure cet article, j’aimerais vous proposer quelques questions à poser aux correcteurs et correctrices à qui vous vous adresserez afin de choisir la meilleure personne pour votre roman.

Les premières questions à poser, c’est à vous que vous les poserez. En effet, contacter un correcteur sans savoir ce que vous voulez vraiment va vous faire perdre du temps à tous les deux, mais augmente également le risque de déception de votre part.
C’est bien beau de se dire “je veux faire corriger mon roman”, mais encore faut-il savoir ce que vous voulez corriger : juste la forme ? La forme et le fond ? Vous voulez une bêta-lecture en plus ? Ou juste un avis général ? Tout ça sont des choses qui se demandent en amont, avant la prestation et même avant la signature du devis. Il faut savoir qu’on ne lit pas un texte de la même manière si on doit rendre un avis à propos du fond en plus d’une correction de forme. On ne fait pas attention aux mêmes détails.
Commencez par connaître vos attentes exactes par rapport à cette prestation et soyez précis-e quand vous adresserez votre demande de devis.

Une fois que vos attentes seront claires dans votre esprit, voilà ce que je vous conseille de demander aux correcteurs que vous contacterez :

  1. Lorsque vous prenez contact, commencez par demander ses qualifications et/ou son expérience si ce n’est pas précisé sur son site. Comme spécifié plus tôt, un correcteur n’est pas juste bon en orthographe, faites attention aux étudiant-e-s et jeunes auteurs et autrices qui font de la correction pour arrondir leurs fins de mois.
  2. Précisez clairement vos attentes et le genre du roman que vous souhaitez faire corriger.
  3. Demandez comment se passe une correction et la quantité d’échanges que vous aurez pendant et après la prestation (Est-ce que le ou la professionnelle vous tiendra au courant de son avancée ? Est-ce que vous pourrez lui demander des éclaircissements par rapport à certains commentaires qu’il ou elle aurait faits ?…)
  4. N’hésitez pas à échanger plusieurs mails ou même à téléphoner au correcteur pour voir si le courant passe.
  5. Demandez à faire corriger un échantillon de votre texte (1 ou 2 pages) : cela permet au correcteur d’établir un devis au plus juste (il ou elle pourra évaluer avec précision le travail à effectuer), mais aussi à vous pour voir si sa manière de fonctionner vous convient et si vous trouvez ses remarques pertinentes.

Voilà ! C’est tout pour aujourd’hui !
J’espère que ces quelques conseils vous seront utiles pour trouver le correcteur ou la correctrice de vos rêves !

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