Si vous avez déjà consulté des pages de consignes d’envoi de manuscrit, vous avez peut-être déjà croisé des mentions comme « Nous n’acceptons pas les nouvelles » ou encore « Pour cette collection, nous n’acceptons que les novellas ».

Ces termes, qui peuvent parfois sembler obscures, correspondent en vérité à un langage utilisé par les éditeurs pour qualifier la longueur d’un récit.

 

Quel est l’intérêt de connaître la longueur de son récit ?

En tant qu’auteur ou autrice, c’est intéressant de connaître la longueur de son récit pour pouvoir, notamment, mieux cibler les maisons d’édition à qui l’envoyer, puisque certaines n’acceptent pas les « très longs romans » ou « les nouvelles », par exemple. C’est bien beau de lire ça sur leur page dédiée à la soumission des manuscrits, mais, au final, ça ne nous dit pas clairement quel est le nombre minimum ou maximum de mots ou de signes que doit compter notre récit.
Connaître la « catégorie de longueur » de notre histoire nous permet également de mieux définir notre public-cible si l’on souhaite autoéditer son roman : sont-ce les lecteurs de romans courts ou, au contraire, les livre-addicts qui avalent des pavés en une après-midi ?

C’est aussi très intéressant de le savoir dans le cas d’une série de livres. Il est important d’avoir un nombre constant de mots ou de signes afin de ne pas se retrouver avec des tomes de tailles inégales. Par exemple : un premier tome qui fait 150 000 mots et les deux suivants qui n’en font que 30 000. Bien évidemment, nous ne sommes pas à 10 000 mots près, avoir un tome un peu plus court ou un peu plus long que les autres, ce n’est pas grave.

 

Pourquoi compter en nombre de mots ou de signes et non en nombre de pages ?

L’avantage de compter en nombre de mots ou signes est que c’est un nombre fixe. Alors que le nombre de pages ne l’est pas puisqu’il dépend de la mise en page qui demande de faire attention à plusieurs critères :

  • le format (format poche, grand format, belle édition,…)
  • la taille des marges
  • la taille de la police
  • l’interlignage (espace entre les lignes)
  • l’interlettrage (espace entre les lettres)

Tous ces facteurs peuvent influencer considérablement le nombre de pages d’un livre, mais ne changeront jamais le nombre de mots ou signes d’un texte.

Vous entendrez ou avez déjà entendu parlé du « nombre de caractères/signes espaces comprises » (en typographe, le blanc qui sépare deux mots se nomme « une espace », au féminin, et non « un espace ») ou « sec » ou « cec » (comme dans mes tarifs). On peut également compter son roman en « cec » ou « sec », mais le nombre est beaucoup plus grand que celui des mots, puisqu’il compte les caractères, c’est-à-dire les lettres, les espaces, la ponctuation,…

 

Nota Bene :

L’éditrice Hélène Jacobs des Éditions Hélène Jacobs estime le rapport moyen entre le nombre de mots et le nombre de caractères à 6 pour le français. C’est-à-dire que pour estimer un nombre de mots à partir d’un nombre de caractères, il faut diviser par 6 le nombre de sec/cec et multiplier le nombre de mots pour connaître le nombre de sec/cec. Ce qui est assez bien concordant pour moi : j’arrive à un rapport de 5,79 avec mon roman.

 

Les différentes catégories de longueur

Il est important de noter que les chiffres donnés plus bas ne sont aucunement des normes, mais des estimations avec lesquelles beaucoup d’éditeurs français travaillent, mais pas tous. Ensuite, autre point important, ils ne travaillent pas tous avec ce système de catégorisation qui est, à l’origine, un système anglo-saxon. Le système dit « traditionnel » chez nous (en France, Belgique, Suisse, Luxembourg) est encore très utilisé et ne comprend que les catégories « nouvelle », « roman court » et « roman ».

La nouvelle :

La nouvelle est un récit (moins de 15 000 mots) centré sur un seul événement, comptant un nombre très restreint de personnages dont la psychologie n’est développée qu’autour du fait évoqué. La nouvelle se distingue de la fable par l’absence de morale.
Au XIXe siècle, la nouvelle était la forme favorite des récits policiers, fantastiques et science-fictionnels.

 

La novella :

La novella est un récit de fiction court compris entre la nouvelle et le roman court. Comme la nouvelle, la novella ne développe pas d’intrigue longue, ni ne compte beaucoup de personnages.

 

Le roman court :

Le roman court est un récit fictionnel plus court que le roman, mais plus long que la novella. Il traite de sujet plus approfondi que la nouvelle et la novella mais les développe moins que le roman.

 

Le roman :

Le roman est un récit de fiction mettant en scène des personnages imaginaires engagés dans des aventures inventées, parfois présentées comme réelles.

 

Le long roman :

Le long roman est un récit de fiction mettant toujours en scène des personnages imaginaires en approfondissant les sentiments, les descriptions,…

 

Le très long roman :

Le très long roman est un long roman avec encore plus de mots.

 

Les autres :

  • La twittérature : petit texte à caractère littéraire qui ne dépasse pas 140 caractères.
  • La micronouvelle : récit de fiction, parfois caustique, rédigé en un nombre extrêmement restreint de mots.

 

Tableau récapitulatif

 

Nombre de mots Nombre de caractères
espaces comprises (cec)
Catégorie du livre
140 Twittérature
< 1000 Micronouvelle
Entre 150 et 15 000 Entre 1000 et 90 000 Nouvelle
Entre 15 000 et 30 000 Entre 90 000 et 180 000 Novella
Entre 30 000 et 50 000 Entre 180 000 et 300 000 Roman court
Entre 50 000 et 80 000 Entre 300 000 et 480 000 Roman
Entre 80 000 et 110 000 Entre 480 000 et 660 000 Long roman
> 110 000 > 660 000 Très long roman

 

Alors ? Votre récit est-il vraiment un roman ?

La longueur d’un récit : roman, nouvelle, novella et autre twittérature
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