Envoyer son manuscrit à des éditeurs relève souvent du parcours du combattant. On ne sait pas vraiment comment s’y prendre ou par quoi commencer.

Avec cet article, je vous donne les 5 étapes à effectuer afin de faire un sans faute lors l’envoi de votre manuscrit.

 

1. Corriger son manuscrit

On ne le rappellera jamais assez : il est primordial d’envoyer son manuscrit corrigé à un éditeur.

Ainsi, avant de commencer vos envois, prenez le temps de :

  • corriger le fond afin de supprimer toutes les incohérences et de parfaire votre intrigue et vos personnages
  • corriger la forme pour éradiquer les fautes d’orthographe, de syntaxe, de conjugaison…

Je vous conseille également de faire bêta-lire votre livre afin de mettre toutes les chances de votre côté.

 

 

2. Mettre en page son manuscrit

Vous devrez mettre en page votre manuscrit en suivant des règles strictes. Il n’est pas question ici de faire preuve d’originalité pour prouver votre créativité. Un manuscrit c’est un texte et non une apparence artistique.

Ainsi, vous devrez à tout prix éviter de :

  • fournir une illustration de couverture
  • envoyer un texte sous forme d’un livre broché
  • d’utiliser des polices originales, voire excentriques
  • envoyer un manuscrit imprimé à un éditeur qui n’accepte que des manuscrits numériques
  • envoyer un manuscrit numérique à un éditeur qui n’accepte que des manuscrits imprimés

En général, les directives de présentation des manuscrits sont données sur le site internet de l’éditeur sur la page soumission de manuscrit ou contact.

Si vous ne trouvez pas de directives de soumission, voici les plus courantes :

  • manuscrit au format A4 (ou lettre pour les Américains et les Canadiens)
  • police Times New Roman
  • taille de police 12 (vous avez le droit de mettre une plus grande taille de police et du gras pour les titres de chapitre)
  • interligne double
  • marges (haut, bas, droite et gauche) de 2 cm
  • votre texte comportera des paragraphes
  • chaque paragraphe commencera par un alinéa de 3 à 5 mm
  • utilisez le tiret cadratin pour marquer les répliques d’un dialogue
  • respectez les règles de ponctuation classiques ainsi que les espaces sécables et insécables
  • en en-tête indiquez votre nom, prénom, numéro de téléphone et adresse email
  • en pied de page indiquez le titre de votre livre et le numéro de la page
  • Si vous imprimez votre manuscrit, n’imprimez que sur le recto

Sur la page de garde, vous indiquerez :

  • le titre de votre livre, et ce, même s’il est provisoire
  • le sous-titre (si nécessaire)
  • votre nom de plume
  • vos noms et prénoms
  • votre numéro de téléphone
  • votre adresse email
  • votre adresse postale
  • le nombre total de mots et de signes espaces comprises que comporte votre livre

 

3. Rédiger sa lettre d’accompagnement et son synopsis

La lettre d’accompagnement soulève bon nombre de question : est-elle obligatoire ? Que faut-il y noter ? Doit-elle être séparée du manuscrit ?

Oui, cette lettre est obligatoire et oui, elle doit être séparée du manuscrit. Cette lettre d’accompagnement est une sorte de fiche d’identité de l’auteur et du manuscrit.

Sur cette lettre d’accompagnement, doivent figurer :

  • le titre et le sous-titre de votre manuscrit
  • vos nom, prénom et nom de plume (si vous en avez un)
  • un courte biographie de vous (pour que l’éditeur sache à qui il a affaire)
  • vos coordonnées (n° de téléphone, adresse email, adresse postale)
  • le synopsis ou le résumé de votre manuscrit (si l’éditeur ne demande pas de synopsis ou ne demande rien, écrivez un résumé)
  • votre bibliographie si vous avez déjà publié avant

Il est inutile d’écrire une lettre de motivation de votre manuscrit en précisant que vos bêta-lecteurs n’en ont dit que du bien ou que votre grand-mère estime que votre livre est le prochain best-seller dans votre genre. Laissez l’éditeur se faire son propre avis sur votre livre.

La mise en page de la lettre d’accompagnement suit exactement les mêmes règles que pour le manuscrit. Le synopsis ou le résumé ne doit pas dépasser une page.

 

4. Corriger sa lettre d’accompagnement et son synopsis

Avouez-le : il serait fort cocasse d’envoyer un manuscrit sans faute aux éditeurs alors que votre lettre d’accompagnement en est criblée.

La première chose que lit un éditeur, c’est votre lettre d’accompagnement. Il est donc primordial pour votre image et celle de votre manuscrit que votre lettre d’accompagnement soit irréprochable.

 

N’oubliez pas que les écrivains publics sont là pour vous aider à rédiger et corriger vos lettres et vos synopsis. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me contacter.

 

5. Bien choisir les éditeurs

Chaque maison d’édition suit ce que l’on appelle une ligne éditoriale. Cette ligne éditoriale détermine l’identité d’une maison d’édition ou d’une collection afin de correspondre à un genre, à des tons (humour, cynisme…), à des formats (oneshot, trilogie, duologie, romans de 300 pages…), à des idéologies, etc.

Le mieux est que je vous donne un exemple. Voici la ligne éditoriale des éditions ActuSF :

Les éditions Actusf recherchent des romans dans les littératures de l’imaginaire (science-fiction, steampunk, uchronie, cyberpunk, vampire, etc.) pour sa collection Les Trois Souhaits et de fantasy pour sa collection Bad Wolf. Nous avons une nette préférence pour les textes nerveux, porteurs de sens, tordant le cou aux clichés, et avec, pourquoi pas, une touche d’humour (voire une grosse touche d’humour. Mais les récits sombres sont aussi acceptés).
Côté longueur, nous recherchons des textes entre 300 000 et 600 000 signes.
Votre texte fait moins ? Il sera refusé automatiquement.
Votre texte fait plus ? Il peut être accepté, sous réserve que le synopsis nous intéresse.
Votre texte fait plus d’un million de signes ? Il sera refusé automatiquement.

 

Chaque année des milliers de manuscrits sont envoyés tous azimuts par des auteurs et des autrices qui n’ont pas fait attention aux lignes éditoriales des maisons auxquelles ils et elles envoyaient leurs manuscrits. Le non respect de la ligne éditoriale est la cause principale de refus.
Si vous ne voulez pas accumuler les lettres de refus, il est donc fondamental de :

  • connaître le genre et les thèmes de votre propre manuscrit
  • se renseigner sur les lignes éditoriales des maisons d’édition

 

Il existe plusieurs manières pour connaître les lignes éditoriales des maisons d’édition :

  • les librairies : une fois que vous avez identifié le genre de votre roman, rendez-vous dans une librairie et essayez de trouver d’autres romans dans le même genre que le vôtre et relevez les maisons d’édition dans lesquelles ces romans-là sont publiés.
    Attention avec cette méthode : en général, seules les grandes maisons sont présentes dans les rayons des librairies, ne vous contentez donc pas de ce que vous trouverez-là, car vous oublieriez toutes les petites maisons.
  • les suggestions amazon : ici il s’agit d’une méthode similaire à la précédente, sur amazon (je parle de ce site-là parce que c’est la plus grosse base de données disponible) écrivez le titre d’un livre dans le même genre que le vôtre et allez directement à la partie intitulée Les clients ayant acheté cet article ont également acheté où vous trouverez d’autres livres et, de ce fait, d’autres maisons d’édition.
  • posez des questions aux libraires : les libraires sont là aussi pour vous aiguiller dans vos choix en vous parlant de maisons qu’ils ont en rayon (ou pas), qui sont de confiance (ou pas), etc. Les opinions des libraires sont importantes dans le sens où ce sont eux qui décident de ce qu’ils vendent ou pas.
  • les fiches wikipedia des auteurs qui écrivent dans le même genre que vous : tous les romans d’un même auteur ne sont pas toujours publiés dans la même maison d’édition, ça pourrait donc vous donner des idées.
  • les blogueurs et youtubeurs : certains parlent de beaucoup de petites maisons d’éditions.

 

Quelques conseils en vrac

  • Ne vous jetez pas uniquement sur les grosses maisons d’édition, si vous êtes encore un auteur ou une autrice inconnue, vous aurez plus de chance de faire éditer votre manuscrit auprès d’une petite ou moyenne maison d’édition.
  • Méfiez-vous des maisons d’édition qui publient tout et n’importe quoi et qui n’ont pas de ligne éditoriale, il y a souvent anguille sous roche (comme des comptes d’auteur déguisés ou pas).
  • Faites attention aux comptes d’auteurs et autres arnaques, renseignez-vous avant. Il y a souvent beaucoup d’avis sur internet pour vous permettre de savoir à quoi vous en tenir.
  • N’hésitez pas à poser des questions aux éditeurs avant si vous avez des doutes par rapport aux contrats, par exemple.
  • Vous pouvez également passer par un agent littéraire qui s’occupera de présenter votre manuscrit aux bons éditeurs.
  • Il existe des sites comme Edit-it qui répertorient la plus grande majorité des maisons d’édition francophones (françaises, suisses, belges, canadiennes) et qui vous permet également d’effectuer un suivi de vos envois.

 

Cher lecteur, Chère lectrice, j’espère que cet article et ces quelques conseils vous ont rassuré-e et vous aideront à organiser sereinement l’envoi de votre manuscrit à des maisons d’édition.

5 étapes avant d’envoyer son manuscrit à un éditeur
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